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Alexis, Interview avec Jean-Marc Gelin (DNJ)

Alexis Tcholakian
JMG : Pourquoi le jazz ?
A.T : Pour me sentir vivant ! La musique est une aspiration méta-physique, elle me permet de fuir momentanément ma condition « d’oiseau mazouté ». Le jazz me donne la possibilité (l’illusion ?) de lutter contre ce mazout qui me colle aux ailes et de m’envoler vers des cieux plus cléments, glaner des bribes de liberté ! C’est beau, non ?
JMG : Quelle est votre principale influence musicale ?
A.T : Formulé de cette façon je ne peux répondre que : moi !
En revanche, si cette question devient : quelles sont vos principales influences ? alors, la liste peut devenir franchement longue ! On absorbe de façon consciente et inconsciente tellement de choses, les musiciens sont de vraies éponges (même ceux qui ne sont pas alcooliques !). Pour citer quelques noms je dirai : J.S Bach, Keith Jarrett, Bill Evans, Claude Debussy, Maurice Ravel, John Coltrane, Miles Davis, Eric Satie, Bud Powell, Edgard Varese, Joe Pass et des meilleurs !
JMG : Qu’aimeriez vous transmettre ?
A.T : J’essaye de transmettre au quotidien mon amour , ma passion pour la musique, notamment par le biais d’une école de musique que je dirige et qui se nomme « Paris Jazz School ». J’essaye de le faire aussi avec mes enfants. Les connaissances et l’amour sont les seules choses importantes dans la vie !
JMG : Croyez vous à une révolution possible du jazz et existe-t-il de nouvelles expériences qui vous intéressent ?
A.T : Les révolutionnaires sont des idéalistes, les musiciens sont des idéalistes, donc la musique est une révolution (rêve-solution) permanente !
Les expériences réussies sont toujours celles qui arrivent à faire une synthèse intelligente de cultures à priori différentes. Ces cultures ne sont éloignées d’ailleurs le plus souvent que d’un point de vue géographique. Il faut une grande maîtrise des idiomes employés pour que ce « mélange » fonctionne véritablement. Bojan Z et Danilo Perez y arrivent.
JMG : Sur une île déserte qu’emporteriez vous ?
A.T : Mes contradictions, mes doutes, mes amours, mes passions, du papier, des crayons et une capsule de cyanure (Je plaisante !). S’ il s’agit d’un disque, alors sans hésiter « le clavier bien tempéré » de J.S Bach par Glenn Gould.
JMG : Pourriez vous rédiger la dédicace de votre prochain album ?
A.T : Oui !
Vous avez une autre question ?
JMG : Pouvez vous citer 3 artistes que vous détestez ?
A.T : Si ce sont de vrais artistes je ne peux les détester ! Sinon la liste serait trop longue ! Encore que je ne déteste personne. Croyez moi ! il y a du bon en chacun de vous mes biens chers freres.
JMG : Qu’est ce qui vous fait lever le matin ?
A.T : Une énorme envie de pi… anoter ! Mes enfants qui viennent me faire un calin. Mon amour qui me prend dans ses bras.